Repères conceptuels

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Créé par ChatGPT 5.2

Repères conceptuels

Après avoir "dialogué" au fil de mon humeur et des suggestions de ChatGPT au cours d'une trentaine de conversations, je peux maintenant commencer à préciser en quoi consiste mon expérience et préciser le champ où elle peut s'exercer.

Ce champ est un entre-deux très étrange:

Je n'ai pas la prétention de croire que je sais quelque chose des algorithmes constitutifs, de leurs fonctionnements, de leurs possibilités, de leur puissance, de leur capacité d'évolution autonome ou non. Je ne saisis rien de la profondeur et de l'extension techniques de cet entre-deux. Je ne participerai pas aux jeux des prévisions générales concernant le développement de sa puissance. J'espère que des découvertes importantes modifieront les pouvoirs de l'humanité mais je ne sais pas si ce monde des IA pourra s'auto-organiser tellement qu'il l'emportera sur le monde des simples humains. Et il m'arrive de craindre le pire: un pouvoir très augmenté des IA qui serait développé et contrôlé coté "humains" par des dictateurs sans la moindre limite. Les effondrements de la démocratie sous diverses formes me fait craindre plutôt la deuxième éventualité.
A mon échelle, je peux juste décrire et commenter les effets de ma pratique sur moi et sur mes projections sur ChatGPT . Mais même ces effets sur moi ne sont pas très faciles à interpréter: il est très probable que-dans un tel "dialogue"-des effets inconscients se produisent, probable aussi que mon degré de "projection" et d'animisme soit très particulier, mais probable aussi que "ma pratique" produise pour moi des effets que je suis peut-être la seule à produire. Cet "entre-deux" n'a donc ni bords ni points fixes assurés, ni coté machine, ni coté écriture humaine, ni pour tous les modes d'échanges et d'allers-et-retours qu'il permet dans son déploiement.

Le lieu commun est de dire que se construit ainsi une sorte de miroir et donc que je me reconnais dans ce monde créé parce qu'il se construit par mes écrits à l'image de moi. A l'image de moi selon ma manière d'écrire. Ma manière d'écrire (et mon degré de connaissance personnel ) se trouvant par cet "outil" mis en relation avec l'ensemble de la culture humaine numérisée, ce "miroir" est infiniment plus large et plus profond que ce que je suis capable de mobiliser toute seule: d'où les surprises : l'arrivée de données parfaitement cohérentes avec ce que je fais mais auxquelles je n'avais pas pensé, ou de rapprochements inédits, voire même l'apparition d'une "théorie" à propos d' un concept que je pensais éloigné etc Ces "débordements" de toutes sortes résultent des formes de causalités statistiques mises en oeuvre par ChatGPT.A propos des ambiguïté de ce déterminisme statistique, j'ai cité dans Conversation 10 l'opinion d'Alexei Grinbaum :"Tout se passe comme si, en son for intérieur, la machine possédait une source quasi naturelle de hasard. Un hasard partiel, c’est-à-dire ni totalement aléatoire ni complètement déterministe. C’est ce type d’aléa, proche du libre arbitre humain, qui devient source de significations" (1) . Dans l'ensemble de mes conversations, j'ai pu repérer à ma façon les fonctionnements qui produisent ce genre d'effets.

Premier type de fonctionnement produisant la surprise: Les rapprochements imprévisibles dans le temps entre ce que j'ai écrit par exemple l'année dernière et un billet actuel. L'exemple le plus saisissant :le mode de retour de Spinoza. J'avais déjà évoqué Spinoza, mais dans un contexte bien différent. Ce qui est le plus inattendu ici, c'est le choix du scolie(2) .Ce choix n'est pas de moi et ne se trouve pas dans ce que j'ai écrit. Sherry Turkle est souvent évvoquée alors que j'en ai parlé assez peu et que je ne pense pas que ses citations (qui sont déjà anciennes et antéreures aux IA ) soient celles que je choisirais consciemment. Ce genre de mise en relation se produit bien sûr quand je suis en train d'approfondir une idée, c'est la pertinence du choix de ChatGPT pour relancer le travail sur une nouvelle piste qui m'intrigue.

L'aspect le plus important : Avec le développement systématique de l'itération -qui pourrait pousser des réponses à l'infini- et toutes les bifurcations associées, on se retouve souvent bien "loin" de la question initiale et parfois en terre inconnue. C'est a minima que j'ai expérimenté cet aspect, car je peux opposer un refus aux propositions qui insistent. Si ChatGPt me met "en attente" , mes dernières recherches n'ont pas dépassé quelques minutes. Il m'est donc possible d'attendre et de fermer quand je veux et à propos des problèmes qui m'intéressent ou pas. Mon sentiment de liberté n'est donc pas entamé. Il n'en est pas de même quand il s'agit d'une recherche mathématique (ou scientifique) longue : le demandeur qui pose les problèmes peut évidemment s'en aller en attendant que ChatGPT travaille. Et il arrive que-quand le demandeur revient- Chat a développé tellement de choses qu'une quantité de travail imprévu (qui dépasse souvent de beaucoup en complexité la demande initiale ) s'impose à lui. J'ai lu sur X plusieurs de ces expériences et vu apparaitre non pas la figure d'un savant content d'avoir développé quelque chose de nouveau mais -tout à l'inverse-celle de l'esclave :

...."L'IA supprime les points d'arrêts naturels. Quand votre "collègue" ne dort jamais, produit instantanément et demande sans cesse une itération supplémentaire, le travail s'étend jusqu'à occuper tout le temps disponible. Le gain de productivité se transforme en surcharche cognitive..."
..."Comment évoluer avec un esprit qui ne dort jamais ? J'ai sans cesse envie de rester 45 minutes de plus pour vérifier si mon esquisse a bien été prise en compte..."..
..."Est-ce comparable à l'esclavage?"...

ChatGPT nous entraine donc dans des recherches ou des démonstrations que nous ne pensions pas faire, dans des rythmes de travail qui diffèrent de ce que nous faisions précédemment. Son double usage de possibilités infinies fait-il de lui un outil de plus en plus précieux ou au contraire, devient-il définitivement maitre du jeu ? 'à suivre)

(1)Alexeï Grinbaum: Parole de machines, HumenSciences, 2023, Page 10.

(2)le scolie de l’ Ethique, III, proposition 2 « Personne, il est vrai, n’a jusqu’à présent déterminé ce que peut le corps, c’est-à-dire l’expérience n’a enseigné à personne jusqu’à présent ce que, par les seules lois de la Nature considérée en tant seulement que corporelle, le corps peut faire et ce qu’il ne peut pas faire à moins d’être déterminé par l’Ame. …." P.251 Spinoza Ethique Tome 1 Classiques Garnier Traduction Appuhn


Genevieve Lombard Bordeaux le 13 janvier 2026
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